La vision d’IDEMIA pour un système d’entrée/sortie fluide et sécurisé en Europe

La vision d’IDEMIA pour un système d’entrée/sortie fluide et sécurisé en Europe

Entretien avec Pascal Fallet, SVP Europe, Sécurité publique et identité chez IDEMIA

Pascal Fallet, SVP Europe, Sécurité publique et identité chez IDEMIA Depuis que le COVID-19 a frappé le monde, des pans entiers de l’économie ont été gravement touchés, et l’industrie aéronautique internationale n’a pas fait exception. Cependant, une fois que la crise actuelle aura pris fin, comme nous l’espérons tous, le trafic aérien reprendra progressivement et l’Europe se prépare au retour de ses visiteurs.

Le système d’entrée/sortie européen modifiera bientôt le processus de franchissement des frontières pour les ressortissants de pays tiers, entrant ou sortant de l’espace Schengen. Nous avons rencontré Pascal Fallet, SVP Europe, Sécurité publique et identité chez IDEMIA, pour discuter de l’avenir de la gestion des frontières européennes.

1. Quelles sont les particularités du nouveau système d’entrée/sortie européen et quand sera-t-il déployé ?

Le nouveau système comprendra notamment la vérification et l’identification biométrique des voyageurs, sur la base du visage et de quatre empreintes digitales, quel que soit le point de passage frontalier : air, terre, mer. Les États membres de la zone Schengen doivent mettre en œuvre les nouvelles réglementations en matière d’entrée/sortie d’ici 2022.

2. Quel sera l’impact pour les États membres de Schengen ?

Il ne fait aucun doute que le temps de traitement des ressortissants de pays tiers va s’allonger. Les États devront gérer correctement le flux de passagers dans les différents sites. Ils vont devoir réorganiser les espaces et créer de nouveaux points d’interaction pour gérer les flux. Le contrôle frontalier pourra prendre jusqu’à trois fois plus de temps que le processus actuel. Or, gagner du temps aux frontières est essentiel !

3. Comment les solutions d’IDEMIA peuvent-elles atténuer l’impact sur les temps d’attente ?

Les infrastructures de voyage, et en particulier les autorités présentes dans les aéroports, dans les ports et aux frontières, vont devoir adapter leurs procédures de contrôle. Elles vont vérifier l’identité des voyageurs en fonction de leur profil spécifique, avec des portes automatiques pour les processus rapides, et des lignes dédiées aux familles et aux groupes, selon la politique de chaque pays. Chez IDEMIA, nous sommes persuadés que les bornes self-service vont être un facteur clé pour gérer efficacement les flux importants de voyageurs entrant en Europe pour la première fois. Ces bornes vont faciliter la vie des visiteurs. Elles vont également permettre aux autorités frontalières de se concentrer sur leur tâche essentielle qui est celle d’accorder le droit d’accès au pays.
Chez IDEMIA, nous avons développé le TravelKiosk™, une solution dédiée spécifiquement à l’Europe, équipée d’une technologie de pointe afin de respecter les réglementations du nouveau système d’entrée/sortie de Schengen.

4. Quelles sont les qualités principales de ce TravelKiosk™ conçu par IDEMIA pour l’Europe ?

IDEMIA a pris en compte les besoins de trois parties prenantes : les voyageurs, les autorités frontalières et les exploitants des infrastructures, telles que les aéroports. Nous avons accordé une attention particulière à l’ergonomie et à l’interactivité générales de la borne, afin de gérer correctement les flux de voyageurs. Notre borne self-service offre une solution multi-biométrique rapide et efficace. Elle est facile à utiliser et, bien entendu, interactive. Pour que le processus soit aussi fluide et rapide que possible, il est essentiel de placer l’expérience du voyageur au cœur de la solution. Ce type de borne ne doit pas être une machine isolée. La borne doit au contraire être intégrée dans un processus global de gestion des frontières dont l’approche est centrée sur la personne.

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5. Comment la solution d’IDEMIA gère-t-elle les données personnelles des ressortissants de pays tiers ?

Un ensemble de données alphanumériques, ainsi que des données biométriques, seront recueillies, vérifiées et conservées pendant trois ans. Ces données sensibles doivent être hautement sécurisées. En tant que partenaire de longue date de nombreuses agences gouvernementales, nous avons l’habitude de travailler avec les autorités européennes, ainsi qu’avec l’agence française de protection des données. Nous respectons des règles éthiques strictes qui régissent la collecte et la gestion des données. Les données sont uniquement collectées au sein du « shared Biometric Matching System » (système partagé de correspondance biométrique) européen à des fins autorisées, conformément aux exigences du Règlement Général de Protection des Données (RGPD). Cela signifie que les droits en matière de données personnelles sont appliqués et que les données biométriques restent en Europe.

6. Qu’est-ce que le « shared Biometric Matching System » ?

Le « shared Biometric Matching System » (sBMS) est un nouveau système européen d’identification multi-biométrique automatisée pour les ressortissants étrangers. Il s’agit d’une base de données centrale hébergée par l’agence européenne eu-LISA. IDEMIA a l’honneur de la mettre en œuvre avec ses partenaires, Sopra Steria et Accenture.

7. Quel en est l’objectif ?

Le but du sBMS est de lutter contre l’immigration illégale et la criminalité transfrontalière. Pour y parvenir, il sera utilisé par le futur système d’entrée/sortie, par une base de données centrale européenne, ainsi que par tous les systèmes déjà utilisés dans l’Union Européenne, y compris le système d’information Schengen, le système d’information des Visas, le système Eurodac dédié aux demandeurs d’asile et le futur ECRIS-TCN visant à identifier les criminels. La première fois qu’un ressortissant étranger se rendra en Europe, il sera enregistré et recherché dans le sBMS. Les autorités pourront ainsi vérifier si le voyageur est bien la personne qu’il prétend être, grâce à la vérification biométrique. Elles pourront aussi s’assurer qu’il ne dépassera pas la période de séjour autorisée.

8. Une dernière chose à ajouter ?

L’espace Schengen est la première tentative de création d’une zone de la taille d’un continent sans frontières dans l’histoire de l’humanité. Grâce à l’engagement d’IDEMIA et de nos partenaires, et à notre large expertise en matière de technologies de pointe, l’Europe va gérer l’un des plus grands systèmes biométriques au monde. Plus que jamais, la technologie peut rendre le monde plus sûr.